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Avis d’Expert – Rafik Smati, président fondateur du Groupe Aventers


Pourriez-vous nous dire qui est Aventers et quelles ont été les réflexions du Groupe sur l’évolution de ses entreprises ?

Je suis le président et fondateur du Groupe Aventers qui regroupe deux sites internet grand public : dromadaire.com, un leader mondial de la carte électronique, et ooprint.fr qui est un service d’impression en ligne, essentiellement à destination des PME et des TPE.

Le groupe a été fondé en 1998 autour du site dromadaire.com qui était à l’origine un service de commande de cartes en papier. Je connaissais plutôt bien l’environnement du papier puisque mon père était imprimeur. J’ai été très observateur de ce qu’il se passait dans le domaine de l’impression et étais convaincu que ce secteur pouvait être modernisé et réinventé grâce à internet, d’où l’idée du site dromadaire.com.

Il se trouve qu’en 1998, le marché n’était pas encore prêt à adopter une telle idée ; nous avons donc complété le dispositif avec un service de cartes électroniques qui existait déjà aux Etats-Unis. Ce service a rencontré un écho très rapide auprès des internautes français, si bien que le projet de cartes papier fut mis de côté afin que dromadaire.com se développe pendant dix ans autour du service de cartes électroniques, au point de devenir le numéro un mondial. Ce n’est que début 2013 que nous avons considéré que le marché des cartes papier était enfin mature ; nous avons donc ressorti du tiroir le projet originel de cartes rematérialisées. Mais avant de relancer le papier sur dromadaire.com, nous avons lancé ooprint.fr en 2007, ce qui a permis de développer des expertises utiles pour dromadaire.com.

Quels changements majeurs avez-vous pu observer sur le marché de la carte postale ces dernières années ?

Le changement, c’est dromadaire qui l’a créé et accompagné. Le constat en 1998, c’est que les Français n’envoyaient pas de cartes ou très peu, au regard des Anglais ou des Américains. La moyenne était de 5 cartes envoyées par an et essentiellement des cartes postales de leurs vacances.

Grâce à l’électronique et la gratuité, nous avons réussi à créer un usage et à emmener les Français sur un terrain qu’ils n’attendaient pas forcément. En effet, ils n’étaient pas de grands consommateurs de cartes à l’exception de certaines occasions récurrentes telles que les anniversaires ou encore Noël. Nous avons donc créé de nouvelles occasions par la création de cartes ludiques et animées.

Nous avons réellement créé un usage, si bien que les Français sont devenus les champions du monde d’envoi de cartes électroniques. Puisque nous sommes partis de zéro, contrairement aux Américains, nous avons développé un usage très transversal et très large, au point que les Français se sont mis à envoyer des cartes électroniques pour toutes les occasions, pas seulement les plus classiques. Ceci a été la première révolution et le prolongement de ce phénomène consiste à pousser les jeunes à envoyer des cartes papier. C’est ce qui s’opère de façon croissante depuis deux ans et pour toutes les occasions.

Nous parlons de plus en plus d’alliance Digital/papier, selon vous, quelles orientations va devoir prendre le papier pour rester un support efficace ?

La première chose à faire, c’est de regarder les médias et les supports entre eux. Toutes les études qui tendent à opposer le papier et le digital sont « à côté de la plaque ». Ce que je vis au travers de dromadaire.com, c’est un phénomène de vase communiquant entre les deux, et qui est passionnant. Si nous réussissons à relancer l’usage de la carte papier, c’est grâce au digital, sans pour autant le négliger. Ce qui est en train de se passer indique que les Français s’envoient davantage de cartes, qu’elles soient électroniques ou papier. En effet, le digital est loin d’avoir anéanti le papier, mais il lui donne une nouvelle jeunesse.

Le Home Média est-il pour vous un bon moyen de fidélisation et dans quelle mesure ? Avez-vous en tête une opération réussie pour votre entreprise ?

Le courrier publicitaire est loin d’être mort, contrairement à ce que l’on a pu dire. Ne serait-ce que parce qu’aujourd’hui il est plus difficile en termes de marketing direct de contacter les internautes par e-mail. Les règles, notamment les filtres anti-spams sont de plus en plus rigoureuses et si nous voulons avoir aujourd’hui en tant que marque la certitude absolue de pouvoir toucher son consommateur, c’est par le papier que nous allons y arriver.

Sur les newsletters digitales, vous allez obtenir un taux d’ouverture de maximum 20%. C’est-à-dire 80% des clients qui ne vont pas ouvrir le mail, et c’est encore un chiffre optimiste. Dans les 20%, tous ne vont pas cliquer. Alors que dans une boîte aux lettres physique, le taux d’ouverture sera de 100% et le taux de clic, si l’on peut dire, sera dans tous les cas supérieur.